La Lésion d'Honneur

Un coup de gueule une photo et autres bricoles

07 juillet 2017

Fabuleuses fables improbables...

Les Saintes

Il est où l’confort il est où ?

 

Il y a fort longtemps, une lointaine planète

Abritait une étrange école de Poètes.

Du Cours de Poétique réservé aux Bébés

Jusqu’aux Cours de Métrique distribué aux Aînés

Et pour tous les Moyens les Cours Expression

Tout ravissait sans vagues l’entièr’ population.

Chacun menait sa barque et d’année en année

Le monde allait allègre vers sa destinée,

Les maîtres es-poétiques avaient tous le sourire.

Un jour dans cette école de bonne renommée

Il arriva pourtant que l’on cessa de rire

Que le verbe forcit, devint plus animé.

C’est bien souvent le cas quand les vacances approchent,

Quand on voit débouler tous les nouveaux gavroch’s,

Force est de constater que des chang’ments s’imposent.

Mais changer de niveau n’est pas chose facile

Pourtant un courageux se lève et se propose

De prendre les Bébés et même, plus difficile,

De mélanger les cours de Bébés et Moyens

« Mais pourquoi camarad’ veux-tu donc tout changer

Et troubler notre ciel jusqu’à présent serein

Pour un confort si ça se trouve passager ?

Nous dirions mêm’, pour un confort très personnel ! 

Car franchement vingt-six élèv’s on a vu pire !

Oh nous savons fort bien ce que tu vas nous dire

-18 chez les Aînés !- Mais as-tu vu lesquels ?! »

Alors l’un d’eux a eu l’idée ma foi habile

De faire semblant de tout changer en profondeur

Et d’assurer qu’ainsi ce serait le bonheur.

 

L’enfumage était gros et la ruse facile

Mais la majorité doublée d’autorité

L’emporte bien souvent avec facilité.

« Si si je vous assure c’est beaucoup plus pratique ! »

 

C’est ainsi que l’on vit nos deux Cours Poétiques

Chargés comme des mules moitié de la semaine

Mais pas trop le jeudi après la méridienne,

Un peu le vendredi après dix heures quarante

Et un mardi sur trois après quatorze heur’s trente !

 

« Fait’s confiance aux enfants ! Sont pas handicapés ! 

Et tiens ! Faisons un geste preuv’ de notre bonté ! »

C’est donc ainsi qu’en plus ils furent délestés

Des deux meilleurs Bébés qui furent kidnappés

Et soudain déguisés en vrais Bébés Moyens

 

« Ne nous ennuyons pas avec trop de nigauds

Sur l’huis on écrira "cours des Bébés Moyens !"

Ces deux feront l’affaire ! Ils sont loin d’être sots

Prendront le train en marche, ils y arriveront bien

Et à chaque récré, retrouv’ront les copains ! »

 

Comme un malheur n’arrive jamais seul hélas

La planète aux Poètes fut alors submergée

Par une chanson sans nom et pour tout dire fadasse

D’un drôle illuminé, un incertain Mahé

Qui n’ cessait de hurler :

« Il est où l’confort il est où ? Il est où l’confort il est où ? »

 

 

A la fin de l’été, comme des champignons,

De drôl’ de mouches firent leur apparition

Anonymes, hargneuses et se prétendant drôles

Elles inondèrent les murs de la petite école

Un an plus tard…

 

Le gorille et le babouin

 

Dans une forêt lointaine mais fort peu exotique

Vivaient en bon accord des singes sympathiques.

Suite à un différend d’ordre pédagogique,

Un babouin débonnaire, d’une fable critique,

Se moqua gentiment de ses colocataires.

Un gorille ulcéré piqua grosse colère.

Tout l’été il se creuse, puis il se détermine

Pour un petit placard hargneux et anonyme.

Après bien des efforts pendant plusieurs semaines

Il finit par voler trois vers à La Fontaine

Trois lignes bien tournées de la Mouche du Coche

Pour bramer qu’il fallait chasser tous les insectes,

Envoyer balader les gêneurs de la sieste.

On trouve encor’ son affich’, d’ailleurs plutôt moche,

A deux ou trois endroits de la forêt lointaine.

Le babouin s’étonna : « Mais pourquoi tant de haine ? »

Par trois fois il tenta de parler au gorille,

Offrit mêm’ des excuses pour clore la bisbille.

Mais le fier animal ne goûtait pas l’humour !

Il n’avait qu’une idée : chasser le gros balourd !

 

Le temps reprit son cours. Le babouin résigné,

Mais sûr de son bon droit, se montra plus discret,

Se plia sans se rompre, évitant de troubler

L’onde pure et joyeuse sans pourtant abdiquer.

Il se disait « Morbleu ! Le conflit est sérieux !

J’ai dû au moins toucher la prunell’ de ses yeux !»

Mais c’était sans compter sur l’ironie du sort

Car quelques mois plus tard, qui donc vira de bord,

Et sans aucun remord, délaissa la forêt

Où l’attendait c’est sûr une année difficile.

Et préféra sans honte un départ vers les iles ?!

Vous avez deviné c’est celui qui voulait

Chasser tous les babouins, qui s’écriait :  « Misère !

Qui ose donc fourrer son nez dans mes affaires ?

Quel manant se permet de n’être pas d’accord 

Avec moi, mon avis, mon idée du confort ? »

 

Le gorille est parti, est resté le babouin

Qui ne peut que penser qu’il est encore bien loin

Le grand soir où tous les primates de la terre

Ne se vexeront plus pour un vers de travers !

 

Posté par vincent3m à 08:39 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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